Le topic du 32X

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Message par Kaneda Ayoshi le Ven 26 Sep 2014 - 14:41

article provenant de joypad, rien de bien transcendant, mais ce n'est pas un sujet qui court les rues sur les sites de jeu vidéo alors je le relaies

http://joypad.fr/32x-ou-linsouciance-de-sega/

32X ou l’insouciance de SEGA
by Régis Monterrin on 23/09/2014
Le topic du 32X Pub_m32x_2_150_40-790x860
 
Si l’on feuillette les anciens magazines de l’année 94, il est amusant de remarquer que la 32X était une véritable énigme pour la plupart des journalistes. Ces derniers ne comprenaient pas comment Sega pouvait sortir cet add-on technologique pour la Megadrive, alors que l’arrivée de la Saturn était imminente. Entrant dans le cadre d’un projet appelé “Welcome to the Next Level“, les deux machines allaient irrémédiablement entrer en compétition. Mais elles n’étaient pas les seules, puisque les Titan (la carte d’arcade similaire à la Saturn) et la Pico (console éducative) s’apprêtaient à compléter le petit groupe. Retour sur une époque étonnante… digne d’un roman.
Le topic du 32X Sega-32x
En 94, l’effervescence semble totale chez Sega of Japan. De nombreux projets sont dans les cartons, à commencer par la Venus, qui n’est autre que le nom de code de la future Nomad (Megadrive portable sortie uniquement aux Etats-Unis) mais également la Neptune, qui n’est autre qu’une fusion entre la Megadrive et le 32X. C’est aussi au même moment que débarque le Game Converter, un adaptateur de jeux Master System sur la Megadrive. En clair, avec tous ces noms, la firme de Haneda n’a qu’une envie : étendre sa galaxie. Pour en revenir à la 32X, il est intéressant de se remettre dans le contexte de l’époque. Dans la course qui s’apprête à être lancée, Sega et Sony sont sur la ligne de départ, avec le constructeur américain Atari. Saturn, Playstation, Jaguar, autant de machines qui vont se tirer la bourre, laissant les consommateurs dans l’expectative et le doute. Dans ces conditions, difficile de comprendre le positionnement de la 32X (ou du), surtout à un prix de 1400 francs environ. Certes, l’add-on permet à la Megadrive d’afficher des animations nettes et fluides, ainsi que la bagatelle de 50 000 polygones mais ça fait mal au portefeuille. Le son, en revanche, à moins d’être couplé au Mega-CD, reste identique au chip Megadrive (et pour cause, le 32X ne propose que 2 canaux supplémentaires). Mais alors pourquoi ce choix ? Pourquoi vouloir imposer une 32X à un marché qui n’en a pas forcément besoin ? Voici quelques éléments de réponse…


Du côté des développeurs, les avis divergent. Chez Acclaim, l’avis “est plutôt négatif quant à l’achat d’une MegaDrive 32X”. Si l’éditeur américain estime que l’idée est bonne, notamment pour les possesseurs de MegaDrive, il fustige le prix beaucoup trop élevé.
“Si l’acheteur calcule son achat, s’il n’est pas boulimique de la consommation, il penchera vers d’autres supports : Saturn ou PS-X, quitte à attendre plus longtemps”.
Difficile de ne pas leur donner raison, même si en l’occurrence, Acclaim prévoyait à cette époque plusieurs jeux sur 32X. Comme quoi… Même son de cloche chez Delphine Software, avec un prix qui “risque de poser un problème de taille“. L’éditeur français indique même “avoir une confiance limitée dans cette machine“. D’autres développeurs, comme Time Warner, Puissance 3 (?) ou encore Samouraï (??) estiment que l’idée est bonne, permettant aux possesseurs de MegaDrive d’obtenir un intermédiaire, la Saturn étant bien plus chère.
Chez Sega, la bonne vieille recette de communication tourne à plein régime : 
“Sortir la MegaDrive 32 X (notez qu’à l’époque, ils englobaient la 32X et la MegaDrive) n’est pas une erreur. D’abord, parce que dix mois (séparant la sortie de la 32X à celle de la Saturn), c’est long. D’autre part, parce que l’investissement, pour celui qui possède déjà une MegaDrive, n’est pas du tout le même. Pour accéder à la technologie 32 bits, il ne dépensera que 1400 francs (sic!) pour la machine et environ 500 francs par jeu (re-sic !). De plus, il pourra continuer à jouer sur sa MegaDrive !”
Patrick Lavanant, Directeur Général de SEGA France
Que penser ? Bon, il faut remettre les paroles dans le contexte de l’époque, mais cela donne une idée sur le flou de la situation pour les consommateurs. Dans cette interview, on apprend que la MegaDrive est prise très au sérieux par Sega, alors que la Master System s’apprête à tirer sa révérence (fin de production en 95 selon les dires du monsieur), La portable en couleur, la fameuse Game Gear, continue bien entendu. Là où ça devient intéressant, c’est qu’on comprend très vite en lisant ce papier que la stratégie de Sega en occident et au Japon est totalement différente. Dans l’esprit de Sega of Japan, la 32X n’est qu’un supplément de survie à la MegaDrive, alors que la Saturn est dédiée à une nouvelle cible de consommateurs. Alors que l’Europe et les Etats-Unis (et donc Sega of America) semblent miser sur le hardware, le Japon s’affaire à créer les meilleurs jeux. Daizaburo Sakurai, alors Vice-Président de Sega of Japan, s’en explique. Voici quelques phrases qui en disent long sur la politique de Sega.
“La technologie 32 bits n’est qu’une boite et il faut pouvoir suivre avec un bon software (les jeux). D’ailleurs, Sega a une expérience bien plus développée que Sony, dans le domaine de l’arcade, comme dans celui du salon. Nous croyons avant tout dans le software et nous nous donnons les moyens d’en produire de qualité. Nous voulons être plus qu’une simple compagnie de jeux. Notre but : devenir la compagnie d’amusement interactif leader. Nous aimerions bien représenter le fer de lance de la high-tech pour devenir un exemple pour tous. La 32X permet au consommateur d’avoir un bon support 32 bits à moins de 150 dollars. Avec la Saturn, nous visons un public de joueurs équipés high-tech, cette classe est largement représentée au Japon”
Daizaburo Sakurai, Vice-Président de SEGA of Japan
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De l’autre côté de l’Atlantique
En revanche, le ton est légèrement différent chez SEGA of America. Scott Bayless, un ancien de la maison, se souvient :
“C’était exaltant ; on tournait à 50 % sur de purs défis. L’une des grandes forces de SEGA en ce temps-là était la volonté de l’entreprise de tenter toutes sortes d’expériences. Nous avions même un tee-shirt qui portait le slogan ‘Cela ne marchera peut-être pas, mais on s’en fout.’ C’était notre état d’esprit.”
On peut alors comprendre les tensions qui pouvaient régner entre SEGA of Japan et SEGA of America à l’époque. Mais il faut bien l’avouer, la firme japonaise n’a pas aidé la branche US. Par exemple, pour le Mega CD, les kits de développement et la documentation étaient envoyés en quantité ultra limité. SEGA, au Japon, avait peur des fuites. En clair, l’information circulait très mal au sein de la même société, et les erreurs du Mega CD ont été reproduites pour le 32X. Sega s’est totalement éparpillée, avec des machines dans tous les sens (et un flou complet pour les consommateurs) mais aussi des parcs à thèmes, des boutiques, des chaînes de restaurant, ou le Sega Channel qui n’est autre qu’un service en ligne. Si nous n’apprenons rien de véritablement nouveau, on se rend bien compte que la première erreur de Sega a été de manger à tous les râteliers. Sony a porté le coup fatal avec sa Playstation et malgré une machine de rêve, la Dreamcast, le mal était déjà fait…

Et vous, quels souvenirs gardez-vous de cette bécane ? ou de cet add-on technique plutôt…
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